8 octobre 1920, Tacoma (Washington) : naissance de Franck Herbert, nouvelliste et romancier.
Après ses études secondaires, il falsifie son âge réel pour obtenir un poste au “Glendale Star.” Sa décision d’écrire est déjà prise depuis longtemps mais la Seconde guerre mondiale va le freiner temporairement car il s’engage et sert comme photographe dans l’US Navy.
Rendu à la vie civile en 1946, il s’inscrit à l’Université de Washington et rencontre sa seconde femme, Beverly Ann Stuart – qui deviendra sa muse pour “Dune” – lors d’un cours d’écriture créative. Tous deux parviennent assez vite à vendre ce qu’ils produisent, dont deux histoires d’aventure écrites par Herbert et qui se retrouvent dans un pulp de l’époque.
C’est en 1947 que Franck Herbert vend son premier récit de S.F., intitulé “Looking for something.” Mais sa carrière d’écrivain débute vraiment avec la parution, huit ans plus tard, du “Dragon sous la mer”, roman qui mêle le thème de la folie à la vie sous-marine, le tout au XXIème siècle. L’écrivain y prédit des conflits mondiaux au sujet du pétrole. La critique apprécie, le public boude.
En 1959, alors qu’il accumule de la documentation pour un article consacré aux dunes de Florence, Herbert a l’idée de “Dune.” Il lui faudra six ans pour en écrire le premier volume et, sans sa femme, qui reprit une activité salariée, peut-être n’aurait-il jamais pu le faire.
“Dune” rompt avec les canons de l’époque par sa longueur qui le fera rejeter par une vingtaine d’éditeurs après une première parution dans une revue, en deux parties. Finalement, une petite maison d’édition, Chilton, à Philadelphie, accepte de le faire paraître et la critique est dithyrambique. Herbert recevra le prix Nébula en 1965 et le fameux prix Hugo en 1966.
Si le succès de “Dune” ne s’est jamais démenti depuis lors, c’est qu’il est peut-être le premier roman de S.F. à accorder une place primordiale à ce que nous appelons aujourd’hui l’écologie. A ce thème premier, s’ajoutent des questions de politique, de religion, de philosophie … qui donnent à ce roman au style pourtant sans surprise une singulière profondeur. Signalons également que le romancier prend le parti de présenter son intrigue selon plusieurs points de vue, certains contradictoires.
Pour autant, “Dune” n’est pas immédiatement sacré best-seller même si son auteur en obtient des revenus supérieurs à ce qu’il pouvait en attendre. Mais en 1972, la série prend sa vitesse de croisière et Herbert peut réellement se consacrer à l’écriture en abandonnant le journalisme.
C’est de 1972 que date “Et l’Homme créa un Dieu”, sorte de prélude à “Dune.” Le cycle en lui-même comprendra six volumes. Herbert en créera d’autres comme “Le Cycle des Saboteurs” ou encore, avec Bill Ransom, celui du “Programme de Conscience.”
Le romancier est mort en 1986, d’une embolie pulmonaire.
Répétons-le, le style d’Herbert, en dépit de réels efforts, n’est pas précisément transcendant. Mais la façon dont il se sert de l’arsenal de la Science-Fiction pour placer son lecteur face aux grandes peurs du monde moderne est absolument remarquable.
Ainsi, sans complaisance aucune, le romancier pointe du doigt le danger que représente le lien trop étroit entre la politique, l’argent et la religion. Il met en garde contre les leaders charismatiques et/ou illuminés. Il s’intéresse tout particulièrement à la conscience et à l’intelligence artificielles. Enfin, il s’interroge sur la façon dont le langage peut influencer la pensée.
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